mardi, 06 décembre 2005

Le Village des Pruniers....

Le Village des Pruniers....

Le Village des Pruniers est un centre de pratique, qui offre des retraites, au sein du monastère tout comme à l'extérieur. Vous êtes les bienvenus toute l'année, même en dehors des retraites spéciales. Cependant, après certaines retraites, nous fermons parfois le centre pendant quelques jours ou quelques semaines; c'est pourquoi nous vous demandons de toujours vérifier sur notre site internet ou en nous contactant, et de vous inscrire, avant de venir.


Pendant la Retraite d'été ainsi que pour les fêtes de Noël et Nouvel An, le Village des Pruniers ouvre ses portes aux familles avec des enfants. Le reste de l'année, l'atmosphère est plus monastique et il n'y a pas de programme spécial pour les enfants.Les enseignements mettent l'accent sur la pratique avec la sangha afin de bénéficier des bienfaits de l'énergie collective, c'est pourquoi les retraitants sont encouragés à participer pleinement à toutes les activités. Nous demandons aussi que tous respectent les Cinq Merveilleux Entraînements à la Pleine Conscience, et veuillent donc bien s'abstenir de fumer, de boire de l'alcool et de consommer de la viande.

Afin que l'art de vivre dans la Pleine Conscience puisse s'enraciner en vous durant votre séjour et devenir par la suite une part essentielle de votre vie quotidienne, nous vous demandons de venir une semaine au minimum. Si vous désirez rester plus de deux semaines au Village des Pruniers, nous vous demandons de nous contacter à ce sujet.

Hors retraite spéciale, le vendredi est le seul jour d'arrivée et de départ. Nous vous demandons toujours de venir le jour d'arrivée, afin que nous puissions vous offrir une orientation sur notre pratique. En dehors des retraites spéciales, si vous ne pouvez rester chez nous pendant une semaine, vous pouvez participer à nos activités du week-end, du vendredi après-midi au dimanche après-midi.

Retraite d'hiver 2005-2006

Retraite d'hiver 2005-2006 du 15 novembre 2005 au 15 février 2006

La retraite d’hiver au Village des Pruniers est l’équivalent de la retraite traditionnelle de 3 mois offerte par diverses traditions bouddhistes pendant la saison des pluies.

Son origine remonte au temps du Bouddha lorsque moines et nonnes voyageaient et enseignaient le Dharma dans tout le pays. La saison des pluies étant une période difficile pour voyager, ils se retiraient dans des monastères pour pratiquer ensemble en tant que communauté. C’était donc un temps pour l’étude du Dharma, la vie monastique et l’échange des expériences de pratique. Aujourd’hui encore, les moines et les nonnes se retrouvent dans des monastères de diverses traditions bouddhistes pour étudier et pratiquer ensemble pendant 3 mois.

Au Village des Pruniers, nous sommes très heureux d’accueillir les pratiquants laïcs souhaitant venir pratiquer avec nous. Il est demandé de séjourner au moins deux semaines.

Comme au temps du Bouddha, certaines limites seront observées pendant cette retraite (il s'agit plus ou moins des limites du monastère) et nous aimerions vous inviter à nous soutenir dans cette pratique, même si vous ne restez que quelques jours ou venez en voiture. Cela signifie simplement qu’on ne sort pas du monastère pour aller en ville ou se promener, à moins d’avoir une bonne raison.

vendredi, 02 décembre 2005

Les 4 mantras

Les Quatre Mantras, ou La vraie présence :



Notre vraie présence est ce que nous avons de mieux à offrir aux autres.

« je suis là pour toi »

est donc le mantra qu’il convient de prononcer dans un état de parfaite concentration.

Les Quatre Mantras

Quand vous aimez quelqu’un, vous devez être complètement présent
pour lui, pour elle.

A un enfant de dix ans que je connais bien et à qui son père demandait ce qu’il souhaitait pour son anniversaire, la réponse fut le silence. Ce père était assez riche pour payer à son fils le cadeau le plus extravagant. Pourtant, au bout d’un moment le jeune garçon finit par dire « Papa, c’est toi que je veux ». Ce père est riche mais il n’a pas de temps, il n’a pas fait de place dans son emploi du temps pour sa femme et ses enfants. Pour développer et dispenser l’amour, il nous faut apprendre la disponibilité. Quand ce père apprendra à respirer et inspirer en pleine conscience, il sera présent pour son fils et il pourra dire : « mon fils, je suis là pour toi ».

Notre vraie présence est
ce que nous avons de mieux à offrir aux autres.

« je suis là pour toi »

est donc le mantra qu’il convient de prononcer dans un état de parfaite concentration. Quand vous êtes concentrés – corps et esprit réunis-, vous produisez une vraie présence et tout ce que vous direz sera transformé en mantra. Nul besoin d’utiliser des mots sanskrit ou tibétains. Un mantra peut être prononcé dans votre propre langue : « chérie, je suis là pour toi ». Et si vous êtes véritablement présent, ce mantra produira un miracle. Vous deviendrez réel, l’autre deviendra réel et la vie elle-même deviendra réelle. Ainsi vous serez le véhicule du bonheur, pour vous et les autres.


« Je sais que tu es là, et je suis heureux»

est le deuxième mantra. Quand je regarde la lune, je respire profondément et dit :
« pleine lune, je sais que tu es là, et je m’en réjouis ». Je fais la même chose avec l’étoile du matin. Au printemps dernier, au cours d’une promenade parmi les magnolias, je regardai les fleurs de magnolia et dit : « je sais que vous êtes là et j’en suis heureux ». Etre vraiment présent et savoir que l’autre est vraiment là est un miracle. Quand vous contemplez un beau coucher de soleil, vous vous sentez heureux.

Chaque fois que vous êtes vraiment présent,
vous êtes à même de reconnaître la présence de l’autre
– la pleine lune, l’étoile du matin, la fleur de magnolia,
ou la personne que vous aimez.

D’abord vous pratiquez l’inspiration et l’expiration profonde pour rassembler votre énergie ; puis vous vous asseyez près de la personne que vous aimez et, dans cet état de concentration, vous prononcez le deuxième mantra. Vous êtes heureux, la personne que vous aimez est heureuse aussi. Ces mantras peuvent être pratiqués dans votre vie quotidienne. Pour être un vrai amant, il vous faut pratiquer l’attention à la respiration, en position assise ou en marchant, pour développer une vraie présence.


Le troisième mantra est :

« chérie, je sais que tu souffres. C’est pourquoi je suis là pour toi »

Quand vous êtes attentif, vous savez quand la personne que vous aimez souffre. Si nous souffrons et que la personne que nous aimons n’est pas consciente de notre souffrance, nous souffrirons encore plus. Pratiquez simplement la respiration profonde et asseyez-vous en face de la personne qui souffre et dîtes : « chérie, je sais que tu souffres ; c’est pourquoi je suis là pour toi. ». Votre seule présence soulagera beaucoup sa souffrance. Quel que soit votre âge, vous êtes capable de le faire.


Le quatrième mantra est le plus difficile. Vous devez le pratiquez quand vous souffrez vous-même et pensez que la personne que vous aimez est la cause de votre souffrance. Le mantra est le suivant :

« chérie, s’il-te-plaît aide-moi »

Cinq mots seulement. Pourtant beaucoup de gens ne peuvent les prononcer à cause de l’orgueil qui habite leur cœur. Si la même cause souffrance avait pour origine une autre personne que celle que vous aimez, vous ne souffririez pas autant. Le fait que c’est la personne que vous aimez qui cause cette souffrance vous affecte profondément. Dans un cas pareil vous êtes tentés de vous enfermer dans votre silence, mais si vous aimez réellement, il vous faut vous résoudre à demander de l’aide. Il vous faut vaincre votre orgueil.

Février 2001
Thich Nhat Hanh

 

lundi, 07 novembre 2005

Le retour au Vietnam de Thich Nhat Hahn

Le retour au Vietnam de Thich Nhat Hahn, moine bouddhiste exilé près de 40 ans

"Le Vietnam que j'ai quitté il y a près de 40 ans n'est plus là". A l'heure de partir retrouver son pays natal, Thich Nhat Hahn, figure internationale du bouddhisme en exil depuis 38 ans, est souriant et quelque peu fataliste. "La chose n'est pas simple", dit-il. "Je vais devoir écouter en profondeur, je serai entouré pour cela de 200 personnes entraînées pour l'écoute profonde". Exclu du pays en 1967 et accueilli par la France, le moine bouddhiste est le guide de milliers de fidèles.
Dans les couloirs du terminal 2C de l'aéroport de Roissy, quelques dizaines d'entre eux, vêtus de robes marrons, la tête souvent rasée, parfois coiffés d'un bonnet, méditent ou pratiquent des exercices d'assouplissement avant de prendre l'avion. La soeur Chân Không, fidèle assistante du moine, qui l'accompagne depuis 1960, tient à mettre les choses au clair: "Nous avons l'ambition d'apporter la paix dans les coeurs, pas l'ambition de prendre le pouvoir". Lorsqu'on lui demande pourquoi, selon elle, certains mouvements religieux sont interdits au Vietnam, la réponse de cette femme frêle et souriante est nette: "derrière certaines de ces églises sont cachés les drapeaux de l'ancien régime. Nous, nous n'avons aucune ambition politique".
Dans une petite salle de repos, le moine, appelé affectueusement "Thây" (maître) par ses fidèles, ancien président de la délégation bouddhiste lors des négociations des accords de paix à Paris en 1973, avale une collation et boit du thé, avant de répondre à quelques dernières questions et d'embarquer. Lui, dont les livres "sont publiés dans tous les pays, y compris la Chine communiste", espère "dissiper les doutes, la peur" des autorités concernant son église et projette, durant les 3 prochains mois que durera son voyage, de dispenser ses enseignements dans les grandes villes du pays et d'aider à établir des centres de pratique bouddhique au Vietnam.
En 1982, il s'est installé dans le sud-ouest de la France et a fondé une nouvelle communauté, le Village des Pruniers, qui est à la fois un monastère religieux et un centre de pratique pour les laïcs. En tout, 100 fidèles et 100 laïcs, notamment de France et des Etats-Unis, doivent l'accompagner à Hanoï.
Thich Nhat Hanh n'appartient pas à l'Eglise bouddhiste unifiée du Vietnam (EBUV), interdite au Vietnam depuis 1981 pour avoir refusé de se soumettre à l'autorité du Parti communiste vietnamien, et qui fait l'objet depuis un an d'une intensification de la répression du régime. Selon certains membres de son entourage, le retour, même temporaire, à Hanoï de cette figure internationale du bouddhisme, s'inscrit dans la volonté d'ouverture économique du Vietnam.

Agence France Presse - 11 Janvier 2005.